Blog de Michel Lefrançois, ex Conseiller des français de l'étranger au Portugal (jusqu'au 31 mai 2026), destiné aux français vivant ou voulant vivre au Portugal.
Après le RNH : Rester au Portugal ou revenir en France ? Le choc des trajectoires
Chers amis, bonjour,
Aujourd'hui je vous livre le propos introductif que j'ai fait à la Conférence du 20 mai 2026 sur le patrimoine et la fiscalité des Français du Portugal organisée à Tavira par l'Association Franco-Portugaise Ria Formosa. Cette conférence visait à éclairer le choix des auditeurs à cette question : Avec la fin du régime fiscal des résidents non habituels (RNH), rester au Portugal ou revenir en France ?
"... S'installer et vivre au Portugal est un magnifique projet de vie, stimulant et enrichissant. Pourtant, nous ne pouvons pas ignorer le contexte dans lequel nous évoluons : nous vivons aujourd'hui une période d'instabilité mondiale inédite. La fragmentation géopolitique, les tensions internationales et la volatilité des marchés financiers redéfinissent en permanence les règles du jeu. Face à cette incertitude, une certitude demeure : la souveraineté des États passe par la solidité de leurs comptes.
C'est précisément ici que les destins économiques de la France, notre pays d'origine, et du Portugal, notre pays d'accueil, divergent radicalement. Comprendre ce chassé-croisé budgétaire est la première clé pour protéger et optimiser son patrimoine.
Le choc des deux trajectoires budgétaires :
Pour anticiper la fiscalité de demain, il faut regarder le portefeuille des États aujourd'hui.
D'un côté, nous avons la France, actuellement en zone de lourdes turbulences. Avec un déficit public massif de plus de 5 % du PIB et une dette publique qui frôle les 118 % du PIB, Paris n'a plus aucune marge de manœuvre. Sa seule option pour tenter de redresser la barre est la recherche agressive de nouvelles recettes, créant une instabilité fiscale permanente pour les contribuables, qu'ils soient résidents ou non-résidents. La guerre actuelle US/Israël - Iran aggravera la situation budgétaire de la France si elle dure avec un déficit qui pourrait atteindre les 6%. De l'autre côté, nous avons le Portugal, souvent présenté comme le bon élève européen. Grâce à une discipline budgétaire stricte, le pays affiche un excédent public et une dette repassée sous la barre des 90 % du PIB.
Mais le Portugal a des fragilités structurelles
Attention, pour que notre analyse soit juste, nous devons regarder la réalité en face et sous tous ses angles. Ce "miracle budgétaire" portugais cache des fragilités structurelles majeures que nous constatons d'ailleurs au quotidien :
Une économie très exposée : Le modèle portugais reste hyper-dépendant du tourisme et des services. C'est un moteur puissant, mais c'est aussi une grande vulnérabilité face aux crises cycliques mondiales.
Une inflation locale persistante : Contrairement à la France où elle s'est calmée, l'inflation reste tenace au Portugal, officiellement autour de 2,3 % à 2,5 %. Elle pèse lourdement sur le coût de la vie, l'alimentation et les services.
Un défi social et d'infrastructures : Le pays traverse une crise aiguë du pouvoir d'achat pour la population locale. La proximité de l'Espagne introduit ici un effet miroir sur le plan social : l'intensité des mouvements sociaux espagnols actuels crée un risque de contagion par capillarité sur le front syndical portugais. Les tensions dans le système de santé public (SNS) et les besoins de financement des écoles restent entiers. Le Portugal doit en outre faire face au financement d’une croissance soutenue, ce qui l’obligera à investir dans la durée pour améliorer et développer l’ensemble de ses infrastructures publiques stratégiques : routes, aéroport, réseaux, et autres….
Et le coût du logement qui explose ...
En outre, si la trajectoire des comptes publics est rigoureuse, la soutenabilité du modèle à long terme est aujourd'hui interrogée par la dynamique de son capital humain.
Mais le véritable défi est ailleurs, il est démographique. Le pays fait face à une fuite structurelle de sa jeunesse qualifiée, notamment dans des secteurs critiques comme la santé ou l'ingénierie. Le Portugal fait face à un exode massif de ses jeunescerveaux et de sa main d'oeuvre qualifiée (les 15/39 ans) vers des pays offrant de meilleurs salaires et des perspecptives de carrière.(Selon les données der l'Observatoire de l'Émigration). Ces jeunes diplômés quittent le territoire pour s'installer au Luxembourg, en Suisse, en Allemagne ou en France. Cet exode pèse lourd dans les comptes publics du Portugal.
Cet exode des compétences est un caillou dans la chaussure du modèle portugais. Pour Lisbonne, l'enjeu des prochaines années ne sera plus seulement de stabiliser sa dette, mais de retenir les forces vives indispensables à la modernisation de son économie réelle.
Le paradoxe de l'immobilier
Cette tension est particulièrement visible sur le marché immobilier, qui est le moteur surchauffé de l'économie. L'immobilier a sauvé le pays après la crise de 2008, mais il a créé une déconnexion totale entre les prix et les salaires locaux. Pour les expatriés, la donne a changé : se loger ou investir au juste prix demande aujourd'hui une sélectivité extrême.
Et ne nous trompons pas : l'arrivée de résidents nord-américains à fort pouvoir d'achat ne règle rien aux problèmes structurels du pays. Au contraire, cet effet américain maintient les prix de l'immobilier haut de gamme sous pression et accentue la fracture sociale, sans apporter de solution durable pour le financement des infrastructures publiques.
Quel impact sur son patrimoine personnel ?
Le constat est donc double :
En France, le risque est purement fiscal car l'État va traquer la matière imposable. Face à la gravité de la situation, l'Etat a-t-il un autre choix que de faire feu de tout bois ? Il envisage déjà des mesures, sans réelles lignes directrices, allant de l'augmentation de la TVA au retour de la taxe d'habitation en passant par la quasi disparition des niches fiscales et autre mesure de type augmentation de la fiscalité des hauts revenus.
Au Portugal, le risque est monétaire, sectoriel et social : Il convient plutôt de protéger son capital et son patrimoine de l'inflation et d'éviter les pièges d'un marché immobilier surchauffé. Pour financer ses défis sans creuser son déficit après avoir épuré la situation budgétaire, l'État portugais fait d'ailleurs évoluer ses règles, en orientant désormais ses incitations fiscales vers l'économie réelle plutôt que vers la seule et facile spéculation immobilière.
Ce virage est d'autant plus inéluctable qu'une forte pression sociale va probablement s'exercer pour exiger des solutions face à la crise du logement et à une inflation soutenue
En clair : En France, il faut se protéger de la fiscalité. Au Portugal, il faut adapter ses structures patrimoniales pour protéger son capital de l'inflation.
En conclusion : La situation financière et économique entre la France et le Portugal est contrastée voire opposée. Pour le particulier français, la situation est assez simple : si la trajectoire budgétaire de la France exige une vigilance patrimoniale immédiate, le Portugal, malgré ses défis, présente des atouts uniques.
L'ambiance générale, la sécurité globale du pays, la douceur du climat, la qualité de ses infrastructures et la stabilité de son cadre de vie demeurent des piliers d'attractivité majeurs pour le Portugal face à la profonde incertitude parisienne.Réussir son expatriation ou l'optimisation de son patrimoine en 2026 quand on vit au Portugal nécessite de savoir arbitrer avec lucidité en ne tenant pas compte que de critères patrimoniaux, fiscaux ou financiers.
C'est mon humble avis. Merci pour votre attention."
Michel Lefrançois "
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Mobilisés dans la durée pour notre communauté française au Portugal
Chers amis, bonjour,
Avec seulement 341 voix, le résultat de la liste CAP2026 soutenue par l’ASFE est décevant. Notre liste n’aura pas de conseiller au Conseil consulaire du Portugal pour cette nouvelle mandature.
Les résultats officiels
Liste divers-droite (Laurent Goater) : 1 074 voix (2 élus)
« Pour une gauche de rupture... » : 412 voix (1 élu)
Renaissance : 365 voix (0 élu)
CAP2026 (Michel Lefrançois) : 341 voix (0 élu)
Mehdi Benlahcen : 221 voix (0 élu)
Mes remerciements et le constat de l'abstention
Je remercie chaleureusement les électeurs qui nous ont accordé leur confiance, ainsi que nos soutiens, colistiers et amis démocrates. Merci également à tous ceux qui ont fait le choix de voter pour faire vivre notre démocratie.
En revanche, le constat est dramatique pour notre démocratie locale : sur21 000 inscrits, moins de 4 000 personnes ont pris le temps d'exprimer un choix.L’abstention massive n’est plus un simple désintérêt, c’est une démission citoyenne.
Ne pas voter, c’est laisser les clés de notre communauté aux blocs extrêmes et radicaux.Ceux qui ont choisi le silence aujourd'hui perdent le droit de déplorer les décisions de demain.Cette indifférence collective affaiblit toute notre communauté au Portugal.
Le piège de la nationalisation du scrutin
Les tensions politiques nationales ont totalement verrouillé cette élection, plus encore au Portugal qu'ailleurs. Ce scrutin a subi une forme decartellisation politicienne à la française, transformant une élection de proximité en un affrontement idéologique stérile, déconnecté de nos réalités de terrain.
Dans ce contexte d'extrême radicalisation, à un an de l'élection présidentielle, les repères partisans parisiens ont pris le pas sur les enjeux locaux. Cela a favorisé le RN, le vote refuge vers Laurent Goater, ainsi que la gauche radicale à Porto et Lisbonne (825 voix à elles deux).
Face à des listes marquées par des étiquettes partisanes rigides, notre démarche indépendante et transpartisane n'a pas su suffisamment se singulariser. Divisés, les électeurs attachés à une ligne modérée et de terrain ont vu leurs voix s'affaiblir.
Analyse locale et perspectives
Notre présence sur le terrain a été insuffisante, notamment dans la région stratégique de Porto. En Algarve, où je réside, le poids électoral du RN et la sociologie des résidents (RNH) rendent la voix de la démocratie de terrain particulièrement difficile à faire entendre.
Je salue le résultat de Laurent Goater qui constituera le socle du futur Conseil consulaire. Avec deux élus LR face à trois élus des extrêmes, s'il est nommé président du conseil consulaire, je lui souhaite beaucoup de courage pour animer un Conseil consulaire qui seradéchiré par une composition profondément hétérogène et antagoniste.
L'action continue : nous serons votre repère et votre vigie
Ne pas être élu ne signifie pas abandonner.L'action continue. Je refuse de laisser notre démocratie locale s'éteindre.
Au-delà des clivages politiques qui fragmentent notre communauté, nous voulons incarnerun repère solide et unificateur. Sans mandat mais avec conviction, notre rôle sera de fédérer les énergies, de créer du lien et d’assurer une cohésion qui fera défaut au sein d'un Conseil consulaire divisé.
Je serai unevigie citoyenne infatigablepour notre communauté. Avec l'ASFE, nous suivrons de près les travaux du Conseil consulaire. Nous veillerons à ce qu'il joue pleinement son rôle politique et démocratique, plutôt que de se transformer en une simple chambre d'enregistrement.
Nous refuserons qu'il se contente de gérer passivement :
Lachute libre de l'allocation des bourses scolairesqui pénalise nos familles.
L'augmentation inconsidérée des tarifs scolairesqui étouffe le budget des parents.
Nos priorités et propositions pour l'avenir
Pour continuer à agir concrètement à vos côtés, nous nous engageons sur quatre priorités d'action accessibles sans mandat électoral. Nous y travaillerons en coopération avec des partenaires français et portugai quand c'est nécessaire.
Lesoutien actif aux TPE et petites PMEgérées par nos compatriotes au Portugal.
La participation à l'organisation d'une véritable action solidairede proximité pour les plus vulnérables.
Ledéveloppement dynamique du milieu associatif, pilier de notre communauté auquel je consacre déjà mon énergie à travers l'association que je préside.
L'engagement ferme pour la lutte active contre les pollutions marines.
Pour donner du poids à ces propositions et faire entendre une voix libre,rejoignez l'ASFE et son comité Portugal !C'est ensemble, hors des partis traditionnels, que nous ferons bouger les lignes.
Je reste à votre entière disposition. Vous pourrez toujours compter sur moi.
Avec seulement 341 voix, notre résultat est décevant. La liste CAP2026 soutenue par l'ASFE n'a plus de conseiller au conseil consulaire du Portugal pour la nouvelle mandature.
Les résultats :
Liste divers-droite menée par Laurent Goater : 1.074 suffrages. 2 élus.Rassemblement National : 703 voix, 1 élu.AGISSONS ENSEMBLE - PROXIMITÉ - SOLIDARITÉ – ÉCOLOGIE » avec 413 voix 1 éluPour une gauche de rupture sociale, citoyenne, écologiste et solidaire » : 412 voix. 1 élu.
Renaissance : 365 voix
Cap 2026 : 341 voix
Benlahcen : 221 voix
Je remercie nos électeurs qui nous ont accordé leur confiance et tous nos soutiens, colistiers et amis démocrates.
Je remercie toutes celles et ceux qui ont fait le choix de voter pour des listes qui animent notre vie démocratique.
Le constat : un taux d'abstention dramatiquement élevé (16% de suffrages exprimés), un important nombre de listes (7 listes) dispersant les suffrages. Mais ce n'est pas suffisant pour expliquer notre très faible performance.
Les tensions politiques en France ont verrouillé cette élection, plus au Portugal qu'ailleurs peut-être, lui faisant perdre son caractère local. En effet, dans un contexte d'extrême radicalisation politicienne en France, un an avant la présidentielle, les références politiciennes ont été le point de repère pour de nombreux électeurs.
Ce climat politique a favorisé le RN, Laurent Goater qui a servi de valeur politique refuge à des démocrates et même l'extrême gaucheprincipalement sur Porto et mais également sur Lisbonne rassemblant, à elles deux, 825 voix.
Nous avons partagé le même espace que Renaissance et celui de Mehdi Benlahcen, ce qui nous a été fatal à tous les 3. Concurrents, divisés, nous nous sommes affaiblis.
Il est néanmoins à noter que les 3 listes : Cap2026, Renaissance et Mehdi Benlahcen ont obtenu ensemble 927 voix (plus que le RN) ce qui en fait, en les additionnant, la deuxième force politique dans cette élection, ce qui est assez remarquable et rassurant pour l'avenir.
Quant à l'Algarve où je vis, avec une population à dominante âgée dont beaucoup de RNH ou ex RNH, il y est difficile d'y faire entendre la voix de la démocratie compte tenu du poids du RN.
Il faut par ailleurs saluer le résultat de la liste menée par Laurent Goater, divers droite/LR, qui avec 1074 voix, 30,4% des suffrages exprimés, va pouvoir constituer le socle du futur Conseil Consulaire. Il est un rempart contre le RN dans cette élection locale. Il faut également en tirer les leçons. Je lui souhaite au demeurant bien du courage pour animer ce nouveau Conseil consulaire écartelé entre l'extrême droite et l'extrême gauche.
Quant à nous, même sans conseiller élu, il nous faut rester mobilisés et vigilants en suivant les travaux du Conseil consulaire, en étant des vigies et en faisant si besoin des propositions pour rester engagés pour notre communauté. L'ASFE doit continuer à jouer ce rôle essentiel au Portugal. Je vous tiendrai informés ultérieurement.
Pour ce qui me concerne, je ne suis pas triste, je suis certes déçu mais lucide.
Je vais me consacrer aux sujets qui me préoccupent : l'association que je préside et le développement du milieu associatif au Portugal, la protection des Océans contre les pollutions marines, le Souvenir Français et la défense de la démocratie en France.
Je reste à votre disposition. Vous pourrez compter sur moi.
Bien amicalement.
Michel Lefrançois.
Restons en contact, pour suivre mes communications et mon action.
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